La forêt d’hiver

bandeau_VIE SAUVAGE LOCALE

par Hugues Deglaire, biologiste

03-Vie sauvage-orignalDerrière le village, il y a le bois, la forêt, cette forêt qui se boréalise au fur et à mesure que l’on roule au plus profond des rangs. Les collines s’aiguisent au fur et à mesure qu’on se retrouve plus proche de cette ancienne chaîne de montagnes, vieille de 500 millions d’années, et qui traverse le centre de notre péninsule gaspésienne: les Appalaches. Une forêt dans laquelle dominent les peupliers faux-tremble, bouleaux blancs, sapins baumiers, épinettes et autres cèdres de l’Est, les principales espèces qui en forment le couvert végétal avec bien d’autres.

S’aventurer dans cette immensité, en raquettes ou en skis, est un exercice fort plaisant. On peut souvent y retrouver un certain calme, un rapport au temps différent durant les quelques heures passées à s’évader des tracas de la société. Le son des skis qui glissent ou le « skrouich » des raquettes dans la neige ainsi que de profondes respirations accompagnent la progression entre les arbres. Attention cependant dans les creux naturels où il faut toujours pouvoir imaginer s’il peut rester de l’eau liquide ou pas.03-Vie sauvage-renard

Lors de ces marches, je prends souvent des pauses, je ne bouge plus, comme pour me rendre invisible aux habitants de la forêt. Ils ne sont pas toujours nombreux à être visibles par ces temps froids, mais parfois, la chance peut sourire, comme en témoignent ces rencontres que j’ai pu immortaliser en photo.

L’écureuil roux est l’un des habitants les plus faciles à observer, cependant, son cri avertira souvent toute la forêt de votre présence, tout comme celui du geai bleu.

03-Vie sauvage-LièvreLe lièvre d’Amérique, dont le pelage hivernal est entièrement blanc, est très présent, mais aussi relativement discret: souvent, il se soustraira de votre regard en figeant sur place et ne détalera qu’au tout dernier moment. La gélinotte huppée utilise aussi cette stratégie de ne pas bouger devant un danger.

Le renard roux patrouille la forêt et les milieux ouverts sur de longues distances et plus souvent qu’autrement, on ne croisera juste que sa piste dans la neige.

L’orignal hivernal se tient en général assez loin de la civilisation, dans des ravages où il aura calculé avoir assez à manger pour la saison sans trop de déplacements inutiles. D’autres habitants sont très furtifs et même parfois nocturnes, et le jour où vous les observez, réservez-vous un peu de temps dans votre soirée pour aller vous acheter un billet de loterie! Ça sera le cas si vous tombez sur une martre d’Amérique, un pécan ou encore un lynx du Canada.

J’ai pris cette photo de cette trace sur laquelle j’ai placé ma main afin de montrer la taille de cette grosse patte de chat, palmée afin d’être capable de poursuivre le lièvre d’Amérique dans la neige, sa proie principale, dont les pattes sont palmées aussi.03-Vie sauvage-trace

Donc, dans la plupart des cas, c’est souvent les traces et les chants des oiseaux qui nous révèlent qui est présent dans ce bout de forêt qu’on visite. Car certaines espèces ne sont pas évidentes à croiser, soit parce que leur territoire est immense, soit que ces espèces sont farouches et la progression d’un humain dans la neige est tout sauf discrète!

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