Les compétences au préscolaire (suite)

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par Pascale Gagné

 

Le mois passé, je vous résumais les deux premières compétences qui sont évaluées au préscolaire. Dans les prochaines lignes, je vous présenterai les deux prochaines compétences que l’enfant doit développer à la maternelle.

Interagir de façon harmonieuse avec les autres

Cette troisième compétence fait appel à la capacité d’entrer en relation avec les autres et se divise en cinq critères d’évaluation. Vous verrez que cette compétence est plus difficile à enseigner, car elle s’apprend au fil du temps et des interactions, par l’observation, l’imitation, la pratique, l’erreur et la persévérance.

Le premier critère est la manifestation de gestes d’ouverture aux autres. Ce critère se manifeste par des gestes d’ouverture, de partage, d’acceptation, d’empathie, de générosité. Afin de bien se développer, un enfant a tout avantage à faire de nouvelles rencontres, à avoir un cercle d’amis développé. Montrez à votre enfant que vous acceptez les différences chez les gens, soyez une personne sociable, qui vit de belles interactions avec ses amis et votre enfant apprendra par l’observation et l’imitation.

Le deuxième critère est la participation à la vie de groupe. Il parle de lui-même: on doit amener l’enfant à partager ses idées, à écouter celles des autres, à être enthousiaste face aux activités, à s’engager dans un projet. Pour l’aider à s’impliquer dans la vie de groupe, on peut aussi lui demander de prendre la parole, de prendre part aux prises de décisions, d’assumer des responsabilités, etc.

Le troisième critère est le respect des règles de vie du groupe. Afin d’aider votre enfant à développer ce respect à l’école, vous pouvez le débuter à la maison. Avec l’aide de l’enfant, vous pouvez créer quelques règles courtes et claires et ressortir l’utilité de chacune d’elles. Ensuite, il suffit à l’enfant de suivre ces règles. S’il les transgresse, vous devez appliquer la conséquence logique (élaborée avec l’enfant dès la formation de la règle). Ainsi, vous apprendrez à votre enfant à suivre les consignes, mais aussi à assumer les conséquences de ses actes s’il ne les suit pas. Apprenez-lui à attendre son tour, à respecter les autres, le matériel et l’environnement qui l’entourent.

Le quatrième critère est l’application de la démarche de résolution de conflits avec de l’aide. Les conflits sont inévitables lorsqu’on entre en relation avec l’autre. Ils sont même sains, pourvu que l’on puisse les gérer de manière acceptable. Il faut apprendre à l’enfant qu’on résout un conflit avec les bons mots et non avec des gestes et des paroles de violence. Apprenez-lui à faire des compromis ou des concessions, à essayer de résoudre les conflits seuls, mais à demander de l’aide si la situation s’envenime. À la maternelle, l’enfant apprendra qu’il existe une démarche pour résoudre ses petits conflits. Elle comporte peu d’étapes: se calmer afin d’avoir les idées claires, se parler des faits et de nos sentiments, chercher des solutions possibles, trouver et s’entendre sur une solution pacifique. Bien qu’elle soit simple et efficace, cette démarche doit s’enseigner. Par exemple, pour la première étape, soit se calmer, il est difficile pour l’enfant de freiner sa colère, car il veut souvent obtenir ce qu’il souhaite dans l’immédiat. Enseignez-lui quelques trucs pour diminuer sa colère: respirer par le nez, se retirer quelques minutes, écouter de la musique douce, pétrir une balle antistress… Pour la prochaine étape, nommer son sentiment est très difficile pour l’enfant. Au début, vous le ferez à sa place en lui disant que vous comprenez qu’il est fâché et qu’il a le droit de l’être, mais que c’est inacceptable de frapper un ami par exemple. Au fil du temps, il sera en mesure de nommer lui-même l’émotion qu’il ressent. L’avant-dernière étape – chercher des solutions – doit aussi être enseignée. Puisque les conflits ont souvent les mêmes sources (ne pas vouloir attendre son tour, convoiter le même objet, vouloir décider sans écouter les idées des autres, etc.), il peut être intéressant de chercher avec l’enfant quelques solutions possibles aux conflits cités afin de créer une banque de moyens et les illustrer par des images. Au besoin, lorsqu’il vivra un conflit avec son grand frère, il pourra s’y référer.

Le dernier critère est l’implication personnelle avec les autres. Encore une fois, on fait appel à la capacité de l’enfant à entrer en relation avec les autres. Lorsque votre enfant encourage les autres, partage ses jouets, propose son aide à un ami dans le besoin, coopère à un jeu commun, console un ami, il est en train de travailler ce critère.

Communiquer en utilisant les ressources de la langue

Cette compétence demande à l’enfant d’être curieux en ce qui concerne tout ce qui a trait à notre langue. Elle se divise en trois critères.

Le premier est l’intérêt pour la communication. Lorsque votre enfant parle, écoutez-le et regardez-le afin qu’il fasse de même. Encouragez-le à participer à la discussion à table lors du souper. Lisez des histoires ensemble, demandez-lui qu’il vous raconte l’histoire en faisant semblant de lire. Jouez à écrire, même avec l’ordinateur. Votre enfant doit apprendre à reformuler ce qu’il a entendu pour vérifier sa compréhension, à trouver des mots qui riment ou à respecter le sujet de conversation. Ayez du plaisir à jouer avec les mots, les sons, les comptines et les chansons.

Le deuxième critère est la manifestation de compréhension du message. Lorsque vous lui lisez une histoire, il est en mesure de résumer dans ses mots ce qu’il s’est passé. Il peut aussi inventer une fin autre que celle du livre. Il peut reconnaître certains mots, comme son nom et son prénom, mais aussi maman, papa, le nom de son chien, le nom de sa marque de céréales préférées, etc. Lorsque vous lui donnez une consigne, il n’a pas de difficulté à la réaliser, car il a compris ce que vous attendiez de lui.

Le dernier critère est la production de message. Un enfant qui se développe bien utilise un vocabulaire riche et varié, arrive à utiliser les nouveaux mots appris, fait des phrases de plus en plus complexes. Il découvre le plaisir de jouer avec les sonorités, les mots, il imagine des histoires et des comptines, il utilise diverses formes d’écriture spontanée. Lorsqu’il se raconte, il apporte des précisions, ajoute des détails, prononce les mots correctement, il parle assez fort pour être entendu. Aidez-le en ayant vous-même tous ces comportements et en le questionnant, en le reprenant sur certains mots mal utilisés, en lui apprenant de nouveaux mots, etc.

Pour la dernière partie des compétences au préscolaire, lisez la chronique Éducation le mois prochain.

 

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