Chronique du 150e

par Jocelyne Rioux

L’automne arbore ses plus belles couleurs et Saint-Ulric charme ses habitants et ses visiteurs de ses splendides paysages. Féériques du côté de la montagne, pittoresques du côté de la mer. Les champs de blé, les vignes, les vergers, la migration des oies offrent un spectacle grandiose qui, au fil des derniers 150 ans, n’a pu que s’enrichir et s’embellir. S’émerveiller par la beauté des paysages nous porte souvent à la rêverie, mais qu’en est-il de l’attrait de nos infrastructures?

Photo: courtoisie

L’église, c’est souvent ce qu’il y a de plus beau dans un village. Saint-Ulric a, non la chance, mais le mérite, d’avoir un impressionnant édifice religieux, un des rares spécimens de belles églises d’une grande époque qui fait l’envie de bien des citoyens. Située au centre du village, on l’aperçoit de loin; fière, autoritaire, digne et gracieuse. Un clocher si haut et un carillon formé de trois cloches qui tintent au rythme des différents événements coiffent cette imposante structure de pierre. À la fois fascinant et mystérieux, l’intérieur de ce décor n’est pas sans rappeler les rituels, les événements laissant tantôt des souvenirs heureux, tantôt malheureux, tous bien gravés dans la mémoire des gens.

Ce joyau de notre patrimoine religieux, comme l’a si habilement décrit le curé Albert Roy, digne représentant du Christ dans un document portant ce titre, a joué un rôle primordial dans la vie des Ulricois. L’histoire de Saint-Ulric ne pourrait se raconter sans évoquer la puissante institution qu’est l’Église. Bien que ce spécimen architectural soit l’œuvre d’artisans et d’artistes talentueux, soigneusement choisis, il n’en demeure pas moins que sans l’apport de nos ancêtres, la finalité aurait été tout autre. Ces chrétiens empreints d’une générosité sans borne ont participé à sa construction et à son fonctionnement tout en assurant sa pérennité. Leurs croyances, leurs valeurs et leur foi étaient au cœur de leurs aspirations. Grâce à l’entraide et leur conscience sociale, ces valeureux pionniers ont légué non seulement un bâtiment, mais ont donné naissance à un concept qu’on appelle aujourd’hui: bénévolat.
Cet acte de gratuité, d’humilité, de dévouement, de disponibilité et d’altruisme s’est transmis chez les Ulricois de génération en génération. «Il faut la mémoire de beaucoup d’instants pour faire un souvenir complet.», disait Gaston Bachelard.

Qu’il me suffise en écrivant ces lignes, ne serait-ce que pour un instant, me rappeler du dimanche matin où nous devions prendre part, assidument et obligatoirement, à la messe. Immobile sur le perron de l’église, ouvrant l’œil à moitié afin de contempler la croix installée au sommet des nuages, M. Sarto, le bedeau, fait entendre la voix des cloches pour informer la communauté qu’il est l’heure de prendre place dans le banc dûment acquitté pour l’année. Incapable d’ouvrir les lourdes portes rouge brique presque rouille, il faut se faufiler pour franchir le porche et ainsi tenter de rejoindre le banc de bois vernis «25».

J’assiste dès lors à l’inextricable cérémonial où règne une atmosphère solennelle. Même les «frontiersman», M. Bouillon, M. Bernier et tous les autres, ont un air sérieux. Le caractère sacré des ornements rayonnant de dorure et logeant dans le chœur m’éblouit et semble être réservé au clergé. La chorale, dirigée habilement par Rosaire Beaulieu, pousse l’agneau de Dieu sur le Do La Ré Sol. J’adore. Stupéfaite par tant de splendeur et de noblesse, plusieurs de mes questions d’enfant restent sans réponses. «Pourquoi lorsqu’on meurt on va au ciel, mais on le met dans la terre?» Enfin! Continuellement en alternance du genou droit au gauche sur l’agenouilloir, des centaines de coups d’œil sont jetés vers le jubé par crainte que quelqu’un y tombe, je rêve alors du moment où le fils soumis à l’Église m’autorise à me lever. Tiens donc, je découvre une gomme à mâcher bien collée sous le banc! Parfois, il suffisait du regard complice de ma sœur pour que durant mon marmonnage du «Notre Père», nous soyons épris d’un fou rire inexplicable auquel les yeux bleus poudre du paternel devenaient soudainement noir de jais.

Il ne suffit pas de se remémorer son passé pour en écrire l’Histoire et les descriptions de ma mémoire ce n’est pas l’Histoire. J’ose espérer que la lecture de cette chronique vous donnera envie d’aller revisiter notre église en la voyant bien au-delà de l’édifice, mais comme précieux héritage culturel, spirituel, familial et social. Un endroit précieux de rassemblement, de recueillement et de quête personnelle. Nous avons tous les droits d’être divinement fiers de notre église. Souhaitons que la divine Providence la protège ainsi que tous les Ulricois. Amen.

Bénévoles recherchés
Le Comité culturel 150e Saint-Ulric est à la recherche de bénévoles pour l’ensemble de ses activités durant l’année 2019. Si vous avez le goût de vous impliquer, de laisser une trace dans l’histoire ou de participer à ce projet communautaire, vous pouvez laisser votre nom à Olivier Garot, coordonnateur municipal au service des loisirs au 418 737-4341 poste 203.

Nous apprécions chaque geste, si minime soit-il, et nous vous en remercions à l’avance.

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À propos de L'Ulricois

Journal communautaire de la Municipalité de Saint-Ulric, dans le Bas-St-Lurent, Québec, Canada. Nous répertorions ici la liste des activités communautaires des nombreux organismes bénévoles.

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